Lors d'une visite d'éducation civique scolaire au Parlement du Ghana, Yakubu Mohammed, député d'Ahafo Ano South East, a distingué une élève de l'école primaire parmi ses camarades de classe en visite.
Il lui a demandé son nom, lui a dit qu'elle était belle et a déclaré que lorsqu'elle grandirait, il l'épouserait — annonçant au groupe qu'elle était désormais « son épouse ».
Le moment a été filmé et s'est répandu à l'échelle nationale. Après des jours de protestations publiques de la part de journalistes, d'une militante pour l'égalité des sexes et d'un défenseur des droits humains, M. Mohammed s'est excusé, reconnaissant que ses propos étaient inappropriés et avaient causé de la détresse à l'enfant, à sa famille et au public.
Ces excuses ne constituent pas la fin de l'histoire. C'est le strict minimum, et les considérer comme suffisantes dédouane une institution de quelque chose de plus grand que la mauvaise plaisanterie d'un seul homme.
Pourquoi « désolé » n'est pas une prise de responsabilité
Des excuses sont un acte privé de contrition. Elles ne font rien pour établir que le Parlement — l'institution qui a invité cet enfant dans ses locaux pour une éducation civique — prend au sérieux son devoir de protection envers les enfants.
Un enfant a été placé, dans le cadre d'un programme officiel, devant un parlementaire en exercice qui a utilisé sa position pour faire d'elle l'objet d'une plaisanterie sur le mariage devant ses pairs. C'est un échec institutionnel, et pas seulement personnel, et cela exige une réponse institutionnelle :
1. Renvoi devant le Privileges Committee du Parlement. Une conduite indigne d'un membre — en particulier une conduite dirigée contre un enfant lors d'un programme parlementaire officiel — devrait déclencher les mêmes mécanismes disciplinaires que le Parlement utilise pour d'autres manquements au décorum. Des excuses présentées à la presse ne remplacent pas une décision formelle en matière d'éthique.
2. Une réprimande publique et consignée émanant du bureau du Speaker. La direction doit déclarer officiellement que ce comportement viole les normes attendues des députés, et ne pas laisser aux seuls militants et commentateurs le soin de porter ce message.
3. Une révision des mesures de sauvegarde relatives aux programmes d'excursions scolaires au Parlement. Si des enfants peuvent être amenés dans l'hémicycle ou à proximité de députés individuels sans protocole d'accompagnement ou de conduite, cette lacune doit être comblée immédiatement — avec des règles claires sur ce que les députés peuvent et ne peuvent pas dire aux mineurs en visite, et un canal de signalement pour les enseignants et les parents si une telle situation se reproduisait.
4. Une formation obligatoire à la protection de l'enfance pour les députés et le personnel parlementaire qui interagissent lors des visites scolaires. Cela ne doit pas être optionnel ou symbolique ; cela doit être une condition permanente pour participer à des programmes de sensibilisation impliquant des mineurs.
5. Un soutien direct et privé pour l'enfant et sa famille — y compris l'accès à un suivi psychologique — offert par le Parlement lui-même, et non laissé à la famille le soin de le chercher d'elle-même après avoir été projetée dans une actualité nationale sans son consentement.
Des excuses publiques s'adressent à l'image publique du député. Elles ne traitent pas de ce que l'enfant a vécu : être transformée, sans avertissement ni consentement, en chute d'une plaisanterie d'adulte sur le mariage, dans une salle remplie de ses camarades de classe, par une personne dont la position était censée la protéger davantage, et non la vulnérabiliser davantage.
Nommer le préjudice avec précision
Il ne s'agit pas vraiment d'une histoire sur un seul commentaire embarrassant. C'est une histoire sur ce qui se produit lorsqu'une position de confiance institutionnelle est utilisée pour instiller dans l'esprit d'un enfant l'idée qu'elle est assez grande pour être évaluée comme une future épouse.
Le Ghana a passé des années à mener des campagnes publiques contre le mariage des enfants ; un parlementaire plaisantant sur le fait qu'une enfant de neuf ans « est désormais son épouse », à l'intérieur même du bâtiment où les lois contre le mariage des enfants sont élaborées, n'est pas un dérapage inoffensif — c'est le même scénario que les campagnes tentent de démanteler, proféré depuis une position d'autorité à laquelle un enfant ne peut pas s'opposer.
Des commentateurs l'ont déjà souligné : une militante pour l'égalité des sexes a qualifié ces propos de révélateurs d'une « norme morale basse » et a exigé que le Parlement sanctionne directement le député ; un défenseur des droits humains a critiqué ces remarques qui réduisent une jeune fille à son apparence plutôt qu'à son potentiel.
Ce ne sont pas des réactions excessives. C'est l'échelle de réponse appropriée face à un parlementaire sexualisant un enfant au sein d'une institution nationale.
Ce que demande cet article
Pas une indignation pour le plaisir d'être indigné, ni un verdict sur le caractère personnel de M. Mohammed. Une réponse institutionnelle concrète :
• Un renvoi formel en matière d'éthique et un résultat rendus publics.
• Un protocole de protection contraignant pour toutes les futures visites scolaires au Parlement.
• Une formation obligatoire, et pas seulement une déclaration à la presse.
• Un soutien réel offert à l'enfant et à sa famille, à l'initiative du Parlement — sans que cela ne dépende de leur demande.
Des excuses mettent fin à un cycle d'information. Elles ne protègent pas le prochain enfant qui franchit ces portes.
Auteure
Obaa Yaa Frimpong
Chairperson, NPP-USA Branch
Aspirant, National Vice Chairperson





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